Accueil / Actualités / X congrès mondial de sémiotique – Culture de la Communication, Communication de la Culture
La Ville de A Coruña et la Communauté autonome de Galice ont été le siège en septembre 2009 du Xème Congrès mondial de Sémiotique, consacré à la réflexion sur le sujet général Culture de la Communication, Communication de la Culture .
Nous proposons à tous les spécialistes et à tous les chercheurs d’aborder de manière rigoureuse et critique le champ naturel de la sémiotique, c’est-à-dire le domaine de tous les phénomènes significatifs en tant que processus de communication. Il s’agit d’analyser et d’interpréter depuis une perspective sémiotique tous les phénomènes sociaux et culturels qui composent l’actuelle société de la communication.
Cet important congrès servira à commémorer le 40e Anniversaire de la fondation de l’International Association for Semiotic Studies/Association Internationale de Sémiotique (IASS/AIS), fondée à Paris par Roman Jakobson, André Martinet, Roland Barthes, Algirdas Julien Greimas et Umberto Eco, entre autres, en 1969. Dans le cadre de cet événement, la ville de A Coruña deviendra le grand forum mondial non seulement de la sémiotique, mais aussi de la communication et de la culture.. 2500 spécialistes en sémiotique sont attendus, ainsi qu’une centaine d’intellectuels et de sémiologues à la réputation internationale, outre une dizaine de noms de tout premier ordre dans cette spécialité scientifique, tous invités par l’International Association for Semiotic Studies (IASS/AIS).
Discours de monsieur le président : À présent, tous les chemins mènent à A Coruña : Xème assemblée de la Communauté mondiale des sémioticiens.
Le Xème Congrès International de Sémiotique (IASS-IAS), qui sera organisé par nos collègues espagnols en septembre 2009 à A Coruña (Galice), s’intitule «Culture de la Communication/Communication de la Culture». Le sujet reflète parfaitement l’essence théorique de notre science, la sémiotique, ainsi que la situation actuelle de la «culture» dans le monde entier. La communication est, en effet, l’un des processus fondamentaux qui fait l’objet de nos études, sans toutefois oublier l’autre face de la monnaie : la signification. La communication n’est pas seulement l’étude qui cherche à savoir comment nous communiquons et si cette communication est efficace, mais plutôt CE que nous communiquons, c’est-à-dire, les messages et la structure qui leur sert de support.
Cependant, la communication possède-t-elle une culture ? Lui est-elle nécessaire ? Est-elle en soi une culture, en particulier en cet âge de la transmission électronique mondiale de signes en temps réel ? On a beaucoup parlé de la globalisation, un certain genre de culture qui se propage dans le monde entier comme une nouvelle sorte de «civilisation» —comme l’a dit Norbert Elias— mettant en danger et détruisant même les cultures authentiques à l’échelle locale, régionale et nationale. À mon avis, rares sont les académiciens dans le monde qui n’aient dernièrement assisté à des changements radicaux dans la culture de la gestion et la communication scientifiques à différents niveaux. La sémiotique a été fondée comme «une science efficace» qui aspirait à l’exactitude des sciences naturelles ; ce fut une nouvelle «révolution copernicienne» dans les sciences humaines, comme l’affirmait Claude Lévi-Strauss. Nous savons à présent qu’elle y a réussi ; néanmoins, les sciences humaines sont-elles en train de disparaître toutes, en même temps, en laissant la place aux sciences pures et en oubliant ce versant mixte et interne de notre existence ? Quel est donc l’idéal de la culture de la communication ? Et, que veut dire pour nous la culture ?
Il est clair que la sémiotique s’est maintenue dans les avant-gardes de la science, mais peut-on la considérer comme actuelle et moderne si elle ne s’intéresse qu’aux dernières innovations technologiques et commerciales, telles que les téléphones mobiles, l’intertexte, le cyberespace, les réalités virtuelles, la gestion, etc. ? Je crois que la sémiotique n’existe pas exclusivement pour la culture moderne, postmoderne et post-humaine mais qu’elle se développe pour offrir un nouveau point de vue, une nouvelle «finalité» aussi vis-à-vis de ces phénomènes. La motivation de la sémiotique ne repose pas uniquement sur l’étude de la culture et des problèmes péremptoires de l’humanité à l’heure actuelle, mais constitue une théorie et une attitude nouvelles pour toutes les cultures, et même au-delà, pour tout le monde naturel. Quelle est cette «finalité» de la sémiotique ? A-t-elle un lien, quel qu’il soit, avec les valeurs et les idéologies ? La culture n’est pas simplement un ensemble de conduites –toutes relatives, semblables et justifiées- à observer de l’extérieur, mais aussi un ensemble de réalités vécues de l’intérieur, avec leurs fins et leurs aspirations.
La sémiotique est-elle une approche universelle de tous ces problèmes ? Et, si elle était universelle, ne devrait-elle pas être aussi accessible et enseignée en Afrique, dans le monde arabe et en Asie, hors de la vision occidentale et «eurocentriste» des choses ? comme l’avait déjà signalé Charles Morris.
Lors des congrès mondiaux de l’IASS-IAS, toutes les «cultures» de la sémiotique elle-même, toutes les langues, toutes les époques et tous les niveaux d’éducation se rencontrent et entament un dialogue. Si nous sommes experts en communication, la première chose à faire est de communiquer entre nous, sans que l’école ni l’orientation de nos recherches comptent le moins du monde. A Coruña est le lieu idéal pour ce dialogue en raison de sa situation géographique, entre l’ouest et l’est, le nord et le sud, et de ses racines historiques. Par conséquent, nul doute que ce congrès de l’IASS-IAS, la Xème rencontre mondiale de notre discipline, fera date.
Plus d’infos sur : http://www.semio2009.org