Accueil / Archive des publications / Séminaire Intersémiotique de Paris : Sémiotique de l’espace, Espace et signification

Voir la prépublication sur le site des Presses Universitaires de Limoges
(mise en ligne le 3 décembre 2009)

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Université Paris IV – Maison de la Recherche
28 rue Serpente, 75005 Paris
Salles : D 035 ou D 040

Le mercredi, 13h30-16h30
Les 19-11, 03-12, 17-12, 07-01, 21-01, 04-02, 04-03, 18-03, 01-04, 06-05, 27-05, 17-06

2008-2009

Après deux années consacrées au sens éthique, le séminaire se propose de renouer avec les interrogations sur les grandes dimensions de la signification : le projet de recherches sur l’espace prolonge ainsi les travaux qui ont été menés sur le temps, entre 2003 et 2005, et publiés dans Les régimes sémiotiques de la temporalité. La flèche brisée du temps (PUF, 2006).

Parallèlement à la composante « temporalisation », celle de la « spatialisation » a été installée et cantonnée par la sémiotique narrative et discursive au niveau superficiel du parcours génératif, comme « habillage » figuratif des structures narratives. D’un autre côté, les travaux de sémiotique visuelle sur les objets planaires et sur l’architecture suggéraient de dépasser une approche limitative de la spatialité en l’appréhendant de manière globale, à tous les niveaux de la semiosis. Entre des approches disjointes par leur ambition et par leur projet, le moment semble venu de rouvrir la question de l’espace et d’envisager les conditions de possibilité d’une synthèse.

La complexité de la problématique invite à distinguer dans notre approche les interrogations d’ordre épistémologique et les domaines de spécialité dont l’espace est un formant premier (peinture, architecture, espace urbain, etc.). On peut rapporter les premières à la question que pose Gilles-Gaston Granger : « Comment est-il possible de passer d’une pensée d’objets dans l’espace, ces objets fussent-ils abstraits comme ceux de la géométrie, à une authentique pensée de l’espace »1. Et on peut rapprocher les seconds de la poétique bachelardienne de l’espace, mobilisant les imaginaires de la « topophilie » et de la « topophobie »2. Entre ce que l’on pourrait considérer comme des pôles se situent ainsi les questions propres à une approche sémiotique de la spatialité :

  • Question de la spatialité matricielle, assurant la scénographie du sens : espaces mentaux, espaces conceptuels, théorie localiste ; espace modal ; problématique des topoï, depuis la topique abstraite de la rhétorique (incluant l’isotopie) jusqu’aux figures concrètes du type « locus amoenus ».

  • Question de la spatialité perceptive : cohésion des figures et des structures dans l’espace (continu / discontinu, disjonctions entre espace perçu et espace conçu) ; problème des dépendances (méréologie, esquisses, relations entre un objet et son bord) ; espace aspectuel et problématique des points de vue ; espace visuel et espace tactile (l’haptique, l’empreinte) ; relations entre sémiotique et phénoménologie de l’espace.

  • Question de la spatialité sémantisée : problème des traits figuraux (le râpeux, l’aigu, le lisse, etc.) antérieurs au statut de figures iconiques du monde naturel ; problème des objets vagues : nuages, halos, reflets, milieux, atmosphères, ambiances.

  • Question de la spatialité narrativisée et passionnée : espace et parcours narratifs (espace hétérotopique, paratopique, utopique) ; passions spatiales entre imaginaire, poétique et pathologie de la spatialité (agoraphobie ou -philie, claustrophobie, vertige) ; relations espace / temps.

Sans préjuger d’autres grands « lieux » de questionnement, les exposés au séminaire cette année interrogeront les problèmes des représentations sémantiques de la spatialité, depuis les micro-analyses de ce que les langues figent dans l’usage (autour de la préposition prae- par exemple) jusqu’aux macro-analyses des configurations qui définissent, dans une œuvre, dans un genre, dans une culture, différents « modèles » de la spatialité.

Denis Bertrand, Jean-François Bordron, Jacques Fontanille, Georges Molinié, Claude Zilberberg

Programme du 1er trimestre

19 novembre 2008 (salle D 040, 13h30-16h00)
Jacques Fontanille Morphologies spatiales : le tiers espace figural
Claude Zilberberg Visite de quelques spaciologies remarquables

3 décembre 2008 (salle D 040, 13h30-16h00)
Jean-François Bordron Espace et objet
Denis Bertrand De la topique à la figuration spatiale

17 décembre 2008 (salle D 035, 13h30 -16h30)
Juan Alonso Espace et métalangage
Pierre Boudon L’architecture comme cosmos

Notes :

1 Gilles Gaston Granger, La pensée de l’espace, Paris : Odile Jacob, 1999, p. 10.
2 Cf. Gaston Bachelard, La poétique de l’espace, Paris, PUF, 1957,

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